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04 Boussole des politiques de l’UE

Politique de l’UE relative aux océans, à la pêche et à l’économie bleue

Découvrez comment la politique commune de la pêche combine conservation, possibilités de pêche, règles du marché, contrôle et financement, et comment le pacte européen pour les océans relie ces règles à la protection du milieu marin, à la résilience côtière, à la science et à une économie bleue compétitive.

12 min de lecture Mis à jour 2026-08-17 Gratuit à 100 %
Petit navire de pêche traversant des vagues bleues sous un cercle d’étoiles de l’UE
Aperçu de la politique

Océans et pêche

L’UE réglemente la conservation des ressources biologiques de la mer au titre d’une compétence exclusive, tandis que les questions plus générales concernant la pêche, l’aquaculture et l’environnement relèvent de compétences partagées. La politique commune de la pêche établit des règles de durabilité, des possibilités de pêche annuelles ou bisannuelles, des exigences relatives aux flottes et au contrôle, ainsi qu’un cadre commun de marché. Les États membres attribuent les quotas nationaux et font respecter les règles sous la surveillance de la Commission. Le pacte européen pour les océans, adopté par la Commission en juin 2025 en tant que stratégie non législative, coordonne un programme plus large portant sur la santé des océans, les communautés côtières, la sécurité maritime, la recherche et l’économie bleue. OceanEye, lancé en 2026, ajoute une dimension liée à l’observation et aux données. Dans vos réponses d’examen, veillez à bien distinguer ces différents niveaux.

État d’avancement de la politique
Actuel
Pertinence pour l’examen
Élevée
Niveau d’approfondissement
Essentiel
02

Fonctionnement de la politique commune de la pêche

Le règlement (UE) no 1380/2013 est le règlement de base de la PCP. Sa logique centrale consiste à conjuguer durabilité écologique et viabilité économique et sociale à long terme. Les plans pluriannuels traduisent cette logique pour certains bassins maritimes ou stocks. Le concept de rendement maximal durable vise un niveau de capture permettant à un stock de se reproduire au fil du temps. L’approche de précaution s’applique lorsque les données disponibles sont incertaines. Une approche écosystémique impose aux décideurs de prendre en considération les effets plus larges sur le milieu marin, et non uniquement l’espèce ciblée.

Pour les stocks soumis à des quotas, la Commission prépare des propositions en s’appuyant sur les avis d’organismes tels que le Conseil international pour l’exploration de la mer et le Comité scientifique, technique et économique de la pêche. Le Conseil fixe les totaux admissibles de captures, généralement chaque année et tous les deux ans pour les stocks d’eau profonde. Les parts de l’UE sont réparties entre les États membres selon le principe de stabilité relative. Les autorités nationales distribuent ensuite leurs quotas sur la base de critères transparents et objectifs, surveillent leur utilisation et ferment une pêcherie une fois son quota épuisé.

L’obligation de débarquement exige généralement que les captures d’espèces réglementées soient débarquées et imputées sur les quotas. Elle vise à réduire les rejets, mais prévoit des exemptions définies et ne signifie pas que chaque organisme capturé peut être conservé. Les espèces interdites doivent être remises à la mer et enregistrées. Les mesures techniques réglementent notamment les engins, le maillage, les zones protégées et les tailles minimales de référence de conservation. Les règles relatives à la capacité des flottes reposent sur des plafonds nationaux et sur un régime d’entrée et de sortie afin de maintenir la capacité en adéquation avec les possibilités.

Conservation
Limites de capture, limitations de l’effort, mesures techniques, plans pluriannuels et stocks protégés.
Répartition
Les possibilités de pêche de l’UE deviennent des quotas nationaux ; les États membres attribuent l’accès aux opérateurs.
Contrôle
Les autorités de l’État du pavillon, les autorités côtières et les autorités du marché inspectent les activités, enregistrent les captures et appliquent des sanctions.
Marché
Les organisations de producteurs, les normes de commercialisation et l’information des consommateurs structurent le marché commun.
03

Institutions, contrôle et action extérieure

La DG MARE prépare la politique et en surveille la mise en œuvre pour le compte de la Commission. Le Conseil « Agriculture et pêche » décide des possibilités de pêche et colégifère avec le Parlement sur la plupart des règles structurelles. Le Parlement façonne la législation et le budget et exerce un contrôle politique, mais il ne fixe pas les TAC annuels. Les États membres délivrent les licences aux navires, attribuent les quotas, inspectent les captures et imposent des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives. L’Agence européenne de contrôle des pêches soutient la coordination opérationnelle et les déploiements conjoints ; elle ne remplace pas les services nationaux d’inspection.

Les données relient la science au contrôle de l’application des règles. La surveillance des navires, les déclarations électroniques, les journaux de pêche, les déclarations de débarquement et la traçabilité permettent aux autorités de comparer les activités aux quotas. Le cadre révisé de contrôle des pêches est entré en vigueur en janvier 2024 et s’applique progressivement, d’importantes dispositions étant introduites par étapes. L’entrée en vigueur d’un acte juridique ne signifie donc pas que toutes les obligations opérationnelles sont devenues applicables le même jour.

De nombreux stocks franchissent les frontières. L’UE négocie avec le Royaume-Uni, la Norvège et les organisations régionales de gestion des pêches, et conclut des accords de partenariat dans le domaine de la pêche durable. Ces dispositifs fixent les conditions d’accès, de conservation et de financement en dehors des eaux de l’UE. La Commission négocie dans le cadre des mandats reçus et le Conseil conclut les accords, avec l’approbation du Parlement lorsque les traités l’exigent. Les accords extérieurs ne doivent pas être confondus avec la répartition annuelle des quotas internes.

04

Financement, aquaculture et économie bleue

Le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture soutient le cycle politique 2021-2027. Il peut financer la pêche durable, le contrôle, les données, l’aquaculture, le développement côtier, la biodiversité et la gouvernance maritime. La majeure partie de l’aide est mise en œuvre au moyen de programmes nationaux en gestion partagée, tandis que certaines actions sont gérées directement par la Commission. Le financement ne permet pas de déroger au droit de la conservation, et les subventions aux flottes restent limitées afin d’éviter d’accroître une surcapacité préjudiciable.

L’économie bleue va au-delà de la capture de poissons. Elle comprend l’aquaculture, les ports, la construction navale, les énergies marines renouvelables, la biotechnologie, le tourisme, l’observation et les services. L’action de l’UE repose sur plusieurs bases juridiques et programmes. La planification de l’espace maritime aide les États membres à organiser des usages concurrents de la mer. L’organisation commune des marchés soutient les organisations de producteurs ainsi que les plans de production et de commercialisation. La sécurité alimentaire, l’énergie, la restauration de la nature et la sécurité maritime peuvent se renforcer mutuellement, mais aussi susciter des choix d’affectation difficiles.

05

Pacte européen pour les océans et évolutions de 2026

La Commission a adopté le pacte européen pour les océans en juin 2025. Il s’agit d’une stratégie adoptée par la Commission, et non d’un règlement ni d’une nouvelle compétence issue des traités. Il regroupe des actions consacrées à la santé des océans, à une économie bleue compétitive, aux communautés côtières, à la recherche et à l’innovation, à la sécurité maritime et à la gouvernance internationale. Lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan de 2025, la Commission a annoncé un financement de €1 milliard en faveur de la conservation des océans, de la science et de la pêche durable, et a évoqué une future législation sur les océans d’ici à 2027.

OceanEye a été lancé politiquement en mars 2026 en tant qu’initiative d’observation relevant du pacte. Il vise à relier la collecte de données, la prévision, la protection du milieu marin, l’innovation et la sécurité, avec pour objectif la mise en place d’un système européen d’observation pleinement opérationnel en 2030. L’initiative était encore en cours d’élaboration en 2026 ; elle ne doit pas être présentée comme un règlement adopté. La Commission a annoncé un soutien d’Horizon Europe ainsi qu’une alliance internationale destinée à renforcer le système mondial d’observation des océans.

Le tableau statistique de 2025 est contrasté. De nombreux stocks se sont reconstitués après avoir atteint des niveaux historiquement bas, et la mortalité par pêche a diminué pour de nombreux stocks présentant un intérêt pour l’UE. La reconstitution des stocks en Méditerranée et en mer Noire demeure plus lente. La flotte de l’UE comptait encore un peu plus de 69,000 navires répartis dans 22 États membres côtiers, tandis que la consommation moyenne de produits de la mer s’élevait à 23.7 kilogrammes par personne. Ces chiffres montrent pourquoi la santé des stocks, la viabilité des flottes, les importations et l’emploi côtier doivent être évalués conjointement.

06

Méthode d’examen et distinctions

Commencez l’analyse d’un problème en déterminant l’objet de la mesure. Une mesure de conservation des stocks renvoie à une compétence exclusive de l’Union. Le développement de l’aquaculture ou l’organisation générale de la pêche renvoie normalement à une compétence partagée. Identifiez ensuite l’acteur : la Commission propose et supervise, le Conseil fixe les possibilités de pêche, le Parlement et le Conseil colégifèrent sur le cadre principal, les États membres répartissent les quotas nationaux et assurent l’application des règles, et les organismes scientifiques rendent des avis.

Classez ensuite l’instrument. Un article d’un traité relève du droit primaire. Le règlement de base de la PCP et le règlement relatif au contrôle constituent des actes contraignants de droit dérivé. Un règlement du Conseil relatif aux possibilités de pêche est contraignant, mais limité dans le temps. Le pacte pour les océans est une communication stratégique. Un programme de financement soutient la mise en œuvre de la politique, mais ne fixe pas lui-même les TAC. Cette classification permet d’éviter les erreurs fréquentes concernant la compétence, la procédure et l’effet juridique.

Chiffres clés

69,000+
Navires de pêche de l’UE

Un peu plus de 69,000 navires étaient exploités dans les 22 États membres côtiers selon la publication statistique de la Commission de 2025.

23.7 kg
Consommation annuelle de produits de la mer

Consommation moyenne par personne dans l’UE déclarée pour 2021 dans l’édition 2025 des faits et chiffres relatifs à la PCP.

€1 billion
Engagements en faveur des océans

Financement annoncé par la présidente de la Commission lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan de 2025 en faveur de la conservation, de la science et de la pêche durable.

2030
Objectif d’OceanEye

Année cible pour la mise en place d’un système européen d’observation des océans pleinement opérationnel.

Chronologie de la politique

  1. 2013-12-11

    Adoption de la PCP réformée

    Le règlement (UE) no 1380/2013 a établi le cadre de base actuel.

    adopté
  2. 2021-07-07

    Adoption de l’EMFAF

    Le règlement (UE) 2021/1139 a établi le fonds pour la période 2021-2027.

    adopté
  3. 2024-01-09

    Entrée en vigueur des règles révisées en matière de contrôle

    Le règlement (UE) 2023/2842 a engagé une modernisation progressive du contrôle des pêches.

    en vigueur
  4. 2025-06-05

    Adoption du pacte européen pour les océans

    La Commission a adopté un cadre coordonné et non législatif pour la politique relative aux océans.

    adopté
  5. 2026-03-02

    Lancement d’OceanEye

    La présidente de la Commission a annoncé l’initiative d’observation et l’alliance internationale.

    actuel

Pièges d’examen courants

Les TAC ne sont pas codécidés chaque année

Le Conseil fixe et répartit les possibilités de pêche au titre de l’article 43, paragraphe 3, sur proposition de la Commission.

La stabilité relative ne constitue pas une attribution directe aux opérateurs

Elle détermine les parts des États membres ; les autorités nationales attribuent leurs quotas aux pêcheurs.

L’obligation de débarquement n’autorise pas la conservation des espèces interdites

Les espèces interdites doivent être remises à la mer et enregistrées, tandis que les captures réglementées sont généralement débarquées et comptabilisées.

Le pacte pour les océans n’est pas un acte législatif

Il s’agit d’une stratégie adoptée par la Commission qui coordonne les actions existantes et futures.

Glossaire essentiel

Total admissible de captures
Quantité maximale d’un stock pouvant être capturée pendant une période déterminée.
Rendement maximal durable
Niveau de capture à long terme destiné à préserver la capacité productive d’un stock.
Stabilité relative
Principe de répartition préservant les parts établies des États membres dans les possibilités de pêche.
Obligation de débarquement
Règle imposant que les captures réglementées soient débarquées et imputées sur les quotas, sous réserve des exceptions prévues par la loi.
EMFAF
Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture pour la période 2021-2027.
Économie bleue
Activité économique liée aux océans, aux mers et aux côtes, comprenant des secteurs établis et émergents.

Vérifiez vos acquis

Quelle partie de la politique de la pêche relève d’une compétence exclusive de l’UE ?
Afficher la réponseLa conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la pêche.
Qui fixe les possibilités de pêche annuelles ?
Afficher la réponseLe Conseil, sur proposition de la Commission, en vertu de l’article 43, paragraphe 3, TFUE.
Qui répartit un quota national entre les opérateurs ?
Afficher la réponseLes autorités compétentes de l’État membre concerné, sur la base de critères transparents et objectifs.
Le pacte européen pour les océans crée-t-il des obligations directement applicables ?
Afficher la réponseNon. Il s’agit d’une stratégie de la Commission, même si des mesures législatives et financières peuvent mettre en œuvre ses priorités.
Quel est le rôle de l’Agence européenne de contrôle des pêches ?
Afficher la réponseElle coordonne et soutient la coopération opérationnelle en matière de contrôle ; les autorités nationales restent responsables des contrôles de première ligne.
Quel était le statut juridique d’OceanEye en août 2026 ?
Afficher la réponseUne initiative politique lancée et en cours d’élaboration, et non un règlement adopté.

Sources officielles

Sources primaires de l’UE. Consultées à la date indiquée.

  1. 01
  2. 02
  3. 03
    Quotas de pêche
    Commission européenne · Consulté 2026-08-17
  4. 04
    Règlement (UE) 2021/1139 instituant l’EMFAF
    EUR-Lex · Consulté 2026-08-17
  5. 05
    Pacte européen pour les océans
    Commission européenne · Consulté 2026-08-17
  6. 06
  7. 07
    OceanEye renforce l’observation et la protection des océans
    Commission européenne · Consulté 2026-08-17
  8. 08
    État des pêches de l’UE : faits et chiffres
    Commission européenne · Consulté 2026-08-17
  9. 09
    Capacités des flottes de pêche
    Commission européenne · Consulté 2026-08-17

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