Politique de l’UE relative aux océans, à la pêche et à l’économie bleue
Découvrez comment la politique commune de la pêche combine conservation, possibilités de pêche, règles du marché, contrôle et financement, et comment le pacte européen pour les océans relie ces règles à la protection du milieu marin, à la résilience côtière, à la science et à une économie bleue compétitive.
Océans et pêche
L’UE réglemente la conservation des ressources biologiques de la mer au titre d’une compétence exclusive, tandis que les questions plus générales concernant la pêche, l’aquaculture et l’environnement relèvent de compétences partagées. La politique commune de la pêche établit des règles de durabilité, des possibilités de pêche annuelles ou bisannuelles, des exigences relatives aux flottes et au contrôle, ainsi qu’un cadre commun de marché. Les États membres attribuent les quotas nationaux et font respecter les règles sous la surveillance de la Commission. Le pacte européen pour les océans, adopté par la Commission en juin 2025 en tant que stratégie non législative, coordonne un programme plus large portant sur la santé des océans, les communautés côtières, la sécurité maritime, la recherche et l’économie bleue. OceanEye, lancé en 2026, ajoute une dimension liée à l’observation et aux données. Dans vos réponses d’examen, veillez à bien distinguer ces différents niveaux.
- État d’avancement de la politique
- Actuel
- Pertinence pour l’examen
- Élevée
- Niveau d’approfondissement
- Essentiel
Compétence et ordre juridique
L’article 3, paragraphe 1, point d), TFUE confère à l’Union une compétence exclusive pour la conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la pêche. Cette formulation étroite est importante. Elle couvre les mesures de conservation telles que les limites de capture, les restrictions techniques et la protection des stocks. L’article 4, paragraphe 2, point d), place l’agriculture et la pêche, en dehors de ce domaine de conservation, parmi les compétences partagées. La protection de l’environnement, les transports, l’énergie et le marché intérieur peuvent également servir de fondement aux mesures relatives aux océans. L’UE ne dispose donc pas d’une compétence unique et illimitée en matière d’océans.
L’article 43 TFUE établit deux procédures décisionnelles. Le Parlement et le Conseil légifèrent normalement selon la procédure législative ordinaire prévue à l’article 43, paragraphe 2. En revanche, le Conseil statuant seul, sur proposition de la Commission, fixe et répartit les possibilités de pêche au titre de l’article 43, paragraphe 3. L’exercice annuel de fixation des totaux admissibles de captures ne relève donc pas de la procédure législative ordinaire. Les avis scientifiques l’éclairent, mais les scientifiques n’adoptent pas les quotas.
Fonctionnement de la politique commune de la pêche
Le règlement (UE) no 1380/2013 est le règlement de base de la PCP. Sa logique centrale consiste à conjuguer durabilité écologique et viabilité économique et sociale à long terme. Les plans pluriannuels traduisent cette logique pour certains bassins maritimes ou stocks. Le concept de rendement maximal durable vise un niveau de capture permettant à un stock de se reproduire au fil du temps. L’approche de précaution s’applique lorsque les données disponibles sont incertaines. Une approche écosystémique impose aux décideurs de prendre en considération les effets plus larges sur le milieu marin, et non uniquement l’espèce ciblée.
Pour les stocks soumis à des quotas, la Commission prépare des propositions en s’appuyant sur les avis d’organismes tels que le Conseil international pour l’exploration de la mer et le Comité scientifique, technique et économique de la pêche. Le Conseil fixe les totaux admissibles de captures, généralement chaque année et tous les deux ans pour les stocks d’eau profonde. Les parts de l’UE sont réparties entre les États membres selon le principe de stabilité relative. Les autorités nationales distribuent ensuite leurs quotas sur la base de critères transparents et objectifs, surveillent leur utilisation et ferment une pêcherie une fois son quota épuisé.
L’obligation de débarquement exige généralement que les captures d’espèces réglementées soient débarquées et imputées sur les quotas. Elle vise à réduire les rejets, mais prévoit des exemptions définies et ne signifie pas que chaque organisme capturé peut être conservé. Les espèces interdites doivent être remises à la mer et enregistrées. Les mesures techniques réglementent notamment les engins, le maillage, les zones protégées et les tailles minimales de référence de conservation. Les règles relatives à la capacité des flottes reposent sur des plafonds nationaux et sur un régime d’entrée et de sortie afin de maintenir la capacité en adéquation avec les possibilités.
- Conservation
- Limites de capture, limitations de l’effort, mesures techniques, plans pluriannuels et stocks protégés.
- Répartition
- Les possibilités de pêche de l’UE deviennent des quotas nationaux ; les États membres attribuent l’accès aux opérateurs.
- Contrôle
- Les autorités de l’État du pavillon, les autorités côtières et les autorités du marché inspectent les activités, enregistrent les captures et appliquent des sanctions.
- Marché
- Les organisations de producteurs, les normes de commercialisation et l’information des consommateurs structurent le marché commun.
Institutions, contrôle et action extérieure
La DG MARE prépare la politique et en surveille la mise en œuvre pour le compte de la Commission. Le Conseil « Agriculture et pêche » décide des possibilités de pêche et colégifère avec le Parlement sur la plupart des règles structurelles. Le Parlement façonne la législation et le budget et exerce un contrôle politique, mais il ne fixe pas les TAC annuels. Les États membres délivrent les licences aux navires, attribuent les quotas, inspectent les captures et imposent des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives. L’Agence européenne de contrôle des pêches soutient la coordination opérationnelle et les déploiements conjoints ; elle ne remplace pas les services nationaux d’inspection.
Les données relient la science au contrôle de l’application des règles. La surveillance des navires, les déclarations électroniques, les journaux de pêche, les déclarations de débarquement et la traçabilité permettent aux autorités de comparer les activités aux quotas. Le cadre révisé de contrôle des pêches est entré en vigueur en janvier 2024 et s’applique progressivement, d’importantes dispositions étant introduites par étapes. L’entrée en vigueur d’un acte juridique ne signifie donc pas que toutes les obligations opérationnelles sont devenues applicables le même jour.
De nombreux stocks franchissent les frontières. L’UE négocie avec le Royaume-Uni, la Norvège et les organisations régionales de gestion des pêches, et conclut des accords de partenariat dans le domaine de la pêche durable. Ces dispositifs fixent les conditions d’accès, de conservation et de financement en dehors des eaux de l’UE. La Commission négocie dans le cadre des mandats reçus et le Conseil conclut les accords, avec l’approbation du Parlement lorsque les traités l’exigent. Les accords extérieurs ne doivent pas être confondus avec la répartition annuelle des quotas internes.
Financement, aquaculture et économie bleue
Le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture soutient le cycle politique 2021-2027. Il peut financer la pêche durable, le contrôle, les données, l’aquaculture, le développement côtier, la biodiversité et la gouvernance maritime. La majeure partie de l’aide est mise en œuvre au moyen de programmes nationaux en gestion partagée, tandis que certaines actions sont gérées directement par la Commission. Le financement ne permet pas de déroger au droit de la conservation, et les subventions aux flottes restent limitées afin d’éviter d’accroître une surcapacité préjudiciable.
L’économie bleue va au-delà de la capture de poissons. Elle comprend l’aquaculture, les ports, la construction navale, les énergies marines renouvelables, la biotechnologie, le tourisme, l’observation et les services. L’action de l’UE repose sur plusieurs bases juridiques et programmes. La planification de l’espace maritime aide les États membres à organiser des usages concurrents de la mer. L’organisation commune des marchés soutient les organisations de producteurs ainsi que les plans de production et de commercialisation. La sécurité alimentaire, l’énergie, la restauration de la nature et la sécurité maritime peuvent se renforcer mutuellement, mais aussi susciter des choix d’affectation difficiles.
Pacte européen pour les océans et évolutions de 2026
La Commission a adopté le pacte européen pour les océans en juin 2025. Il s’agit d’une stratégie adoptée par la Commission, et non d’un règlement ni d’une nouvelle compétence issue des traités. Il regroupe des actions consacrées à la santé des océans, à une économie bleue compétitive, aux communautés côtières, à la recherche et à l’innovation, à la sécurité maritime et à la gouvernance internationale. Lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan de 2025, la Commission a annoncé un financement de €1 milliard en faveur de la conservation des océans, de la science et de la pêche durable, et a évoqué une future législation sur les océans d’ici à 2027.
OceanEye a été lancé politiquement en mars 2026 en tant qu’initiative d’observation relevant du pacte. Il vise à relier la collecte de données, la prévision, la protection du milieu marin, l’innovation et la sécurité, avec pour objectif la mise en place d’un système européen d’observation pleinement opérationnel en 2030. L’initiative était encore en cours d’élaboration en 2026 ; elle ne doit pas être présentée comme un règlement adopté. La Commission a annoncé un soutien d’Horizon Europe ainsi qu’une alliance internationale destinée à renforcer le système mondial d’observation des océans.
Le tableau statistique de 2025 est contrasté. De nombreux stocks se sont reconstitués après avoir atteint des niveaux historiquement bas, et la mortalité par pêche a diminué pour de nombreux stocks présentant un intérêt pour l’UE. La reconstitution des stocks en Méditerranée et en mer Noire demeure plus lente. La flotte de l’UE comptait encore un peu plus de 69,000 navires répartis dans 22 États membres côtiers, tandis que la consommation moyenne de produits de la mer s’élevait à 23.7 kilogrammes par personne. Ces chiffres montrent pourquoi la santé des stocks, la viabilité des flottes, les importations et l’emploi côtier doivent être évalués conjointement.
Méthode d’examen et distinctions
Commencez l’analyse d’un problème en déterminant l’objet de la mesure. Une mesure de conservation des stocks renvoie à une compétence exclusive de l’Union. Le développement de l’aquaculture ou l’organisation générale de la pêche renvoie normalement à une compétence partagée. Identifiez ensuite l’acteur : la Commission propose et supervise, le Conseil fixe les possibilités de pêche, le Parlement et le Conseil colégifèrent sur le cadre principal, les États membres répartissent les quotas nationaux et assurent l’application des règles, et les organismes scientifiques rendent des avis.
Classez ensuite l’instrument. Un article d’un traité relève du droit primaire. Le règlement de base de la PCP et le règlement relatif au contrôle constituent des actes contraignants de droit dérivé. Un règlement du Conseil relatif aux possibilités de pêche est contraignant, mais limité dans le temps. Le pacte pour les océans est une communication stratégique. Un programme de financement soutient la mise en œuvre de la politique, mais ne fixe pas lui-même les TAC. Cette classification permet d’éviter les erreurs fréquentes concernant la compétence, la procédure et l’effet juridique.
Fondements juridiques
Compétence exclusive en matière de conservation
L’Union légifère seule sur la conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la PCP, sous réserve des pouvoirs conférés aux États membres par le droit de l’Union.
Compétence partagée en matière de pêche
L’agriculture et la pêche relèvent de compétences partagées, à l’exception du domaine de la conservation réservé par l’article 3.
Règles-cadres et possibilités de pêche
Le Parlement et le Conseil adoptent les règles structurelles de la PCP ; le Conseil fixe et répartit les possibilités de pêche sur proposition de la Commission.
Règlement de base de la PCP
Établit les objectifs et instruments fondamentaux, notamment l’exploitation durable, la régionalisation et l’obligation de débarquement.
EMFAF
Établit le fonds 2021-2027 qui soutient la pêche, l’aquaculture, les communautés côtières et la gouvernance maritime.
Chiffres clés
Un peu plus de 69,000 navires étaient exploités dans les 22 États membres côtiers selon la publication statistique de la Commission de 2025.
Consommation moyenne par personne dans l’UE déclarée pour 2021 dans l’édition 2025 des faits et chiffres relatifs à la PCP.
Financement annoncé par la présidente de la Commission lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan de 2025 en faveur de la conservation, de la science et de la pêche durable.
Année cible pour la mise en place d’un système européen d’observation des océans pleinement opérationnel.
Chronologie de la politique
-
2013-12-11
Adoption de la PCP réformée
Le règlement (UE) no 1380/2013 a établi le cadre de base actuel.
adopté -
2021-07-07
Adoption de l’EMFAF
Le règlement (UE) 2021/1139 a établi le fonds pour la période 2021-2027.
adopté -
2024-01-09
Entrée en vigueur des règles révisées en matière de contrôle
Le règlement (UE) 2023/2842 a engagé une modernisation progressive du contrôle des pêches.
en vigueur -
2025-06-05
Adoption du pacte européen pour les océans
La Commission a adopté un cadre coordonné et non législatif pour la politique relative aux océans.
adopté -
2026-03-02
Lancement d’OceanEye
La présidente de la Commission a annoncé l’initiative d’observation et l’alliance internationale.
actuel
Pièges d’examen courants
Les TAC ne sont pas codécidés chaque année
Le Conseil fixe et répartit les possibilités de pêche au titre de l’article 43, paragraphe 3, sur proposition de la Commission.
La stabilité relative ne constitue pas une attribution directe aux opérateurs
Elle détermine les parts des États membres ; les autorités nationales attribuent leurs quotas aux pêcheurs.
L’obligation de débarquement n’autorise pas la conservation des espèces interdites
Les espèces interdites doivent être remises à la mer et enregistrées, tandis que les captures réglementées sont généralement débarquées et comptabilisées.
Le pacte pour les océans n’est pas un acte législatif
Il s’agit d’une stratégie adoptée par la Commission qui coordonne les actions existantes et futures.
Glossaire essentiel
- Total admissible de captures
- Quantité maximale d’un stock pouvant être capturée pendant une période déterminée.
- Rendement maximal durable
- Niveau de capture à long terme destiné à préserver la capacité productive d’un stock.
- Stabilité relative
- Principe de répartition préservant les parts établies des États membres dans les possibilités de pêche.
- Obligation de débarquement
- Règle imposant que les captures réglementées soient débarquées et imputées sur les quotas, sous réserve des exceptions prévues par la loi.
- EMFAF
- Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture pour la période 2021-2027.
- Économie bleue
- Activité économique liée aux océans, aux mers et aux côtes, comprenant des secteurs établis et émergents.
Vérifiez vos acquis
Quelle partie de la politique de la pêche relève d’une compétence exclusive de l’UE ?
Qui fixe les possibilités de pêche annuelles ?
Qui répartit un quota national entre les opérateurs ?
Le pacte européen pour les océans crée-t-il des obligations directement applicables ?
Quel est le rôle de l’Agence européenne de contrôle des pêches ?
Quel était le statut juridique d’OceanEye en août 2026 ?
Sources officielles
Sources primaires de l’UE. Consultées à la date indiquée.
- 01Version consolidée du traité sur le fonctionnement de l’Union européenneEUR-Lex · Consulté 2026-08-17
- 02Règlement (UE) no 1380/2013 relatif à la politique commune de la pêcheEUR-Lex · Consulté 2026-08-17
- 03Quotas de pêcheCommission européenne · Consulté 2026-08-17
- 04Règlement (UE) 2021/1139 instituant l’EMFAFEUR-Lex · Consulté 2026-08-17
- 05Pacte européen pour les océansCommission européenne · Consulté 2026-08-17
- 06La Commission adopte le pacte pour les océans, assorti de €1 milliardCommission européenne · Consulté 2026-08-17
- 07OceanEye renforce l’observation et la protection des océansCommission européenne · Consulté 2026-08-17
- 08État des pêches de l’UE : faits et chiffresCommission européenne · Consulté 2026-08-17
- 09Capacités des flottes de pêcheCommission européenne · Consulté 2026-08-17